Consoles de soutien des croix en fer forgé
Typologie des solutions structurelles adoptées

Vignettes photos cliquables (© Jean MICHEL)
La présente page vise à présenter, de façon schématique, les différents types de solutions adoptées pour les dispositifs de soutien des croix en fer forgé par des consoles. On omet ici les ajouts décoratifs pour se focaliser sur la façon dont les dispositifs de consoles sont organisés et sur la façon dont sont assurées les liaisons des consoles avec les fers structurels montants des pieds ou fûts des croix. Dans cette page, on ne s'intéresse qu'à la partie basse des croix (en gros la partie située juste au-dessus de la corniche du piédestal en pierre) : on ne prend pas en compte la partie haute de la croix (le croisillon).

Rappelons qu'on distingue schématiquement trois grandes familles de croix du point de vue de leur structure (plus précisément ici leur pied ou fût) :

Pour plus de détails, consulter la page dédiée à la typologie des structures des groupes de croix.

Les consoles assurent une fonction mécanique ou structurelle

Les consoles, comme l'étymologie de leur nom le laisse entendre (“Console : mot peut-être abrégé de consolider”, Littré) ont essentiellement, et à l'origine, une fonction mécanique ou structurelle : il s'agit de consolider la croix. Celle-ci étant un petit monument élancé, dressé vers le Ciel (à la manière d'un arbre), elle présente une réelle fragilité, avec un risque non négligeable de renversement face à des efforts transversaux (vent, intempéries, maladresses humaines ou animales...).
À l'origine, les anciennes croix en pierre à fût-colonne plein pouvaient assez aisément résister par leur masse à ces efforts transversaux. Il n'en n'est, par contre, pas de même pour les croix métalliques qui les ont remplacées. Les fers structurels montants de ces croix métalliques sont scellés dans la pierre de la corniche du piédestal et restent plutôt frêles. Même si leur prise au vent est plus réduite que celle des croix en pierre, les croix métalliques nécessitent donc des renforcements structurels, avec des fers d'entretoisement placés ici ou là et surtout un dispositif de consolidation-soutien en pied. Outre le fait que les croix en fer peuvent être renversées, leurs longs fers structurels (en barres de fer laminé) peuvent aussi se tordre, se vriller, causant alors des dégâts importants dans la partie supérieure des croix.
Les consoles viennent donc maintenir la croix en partie basse de celle-ci. Elles la stabilisent et contribuent également à la résistance du monument au vrillage. Cette fonction purement mécanique sera en général assurée par quatre consoles placées le plus souvent sur les diagonales du piédestal (pour une meilleure assise) ou plus rarement selon les axes principaux du monument. On trouve également des cas d'étaiement de la croix par deux consoles seulement (placées latéralement) et parfois (plus rarement) par un jeu de six consoles.
Ces consoles de soutien ont été réalisées à partir de fers forgés de section carrée ou en fer plat. Elles s'élevent en biais, des bords de la corniche en bas vers le centre de la structure en haut. Elles s'appuient d'une part, en partie basse, sur la pierre de corniche (scellement, colliers d'accroches...) et d'autre part, en partie haute, sur les  fers structurels montants (boulonnage, vissage, recours à des colliers...).

Les consoles et leur fonction esthétique ou décorative

Très vite, ces consoles ont adopté des formes de plus en plus complexes (en S) intégrant des volutes ou rouleaux en fer forgé. Ainsi, à la fonction purement mécanique ou structurelle des consoles est venue s'ajouter une fonction esthétique ou décorative, avec complexification de la forme des consoles et parfois ajout de nombreux petits motifs en fer forgé : fleurs d'eau en fer étampé, fleurettes, pointes, flammes.... Placées en partie basse de la croix, ces consoles sont très visibles et témoignent de la volonté de leur concepteur d'offrir du plaisir visuel.

Mais parfois, le concepteur de la croix en est venu à oublier la fonction mécanique des consoles et à ne considérer celles-ci que comme un décor. Apparaissent alors des “fausses consoles” qui ne s'appuient même plus sur la  corniche en pierre, restant en lévitation au-dessus de la corniche. Ces “pseudo-consoles” peuvent du reste ne plus ressembler du tout aux anciennes consoles : il conviendrait alors de parler d'ailerons plutôt que de consoles. On trouve donc, ici ou là, quelques cas rares de croix en fer forgé ne comportant que des ailerons.
Par contre, cette dérive fonctionnelle et cette solution “factice” seront largement développées dans la réalisation industrielle et commerciale des très nombreuses croix en fonte moulée de la seconde moitié du XIXe siècle. Des “moignons” de consoles font comme si elles contribuaient à la tenue de la croix, alors qu'il n'en est rien.
Vraie-console
Fausse-console
Exemple-aileron

Vraies consoles
Fausses consoles
Ailerons

Une schématisation pour comprendre ces dispositifs de soutien par consoles

Pour décrire les différentes types ou solutions de soutien structurel (consoles) des croix en fer forgé, on recourt à des schémas s'appuyant sur une vue de dessus du pied ou fût de la croix sous forme d'une coupe juste au-dessus de la corniche du piédestal. On y décrit symboliquement plusieurs éléments :

Codage
  • le carré gris représente le dessus de la corniche du piédestal en pierre (même si dans certains cas, la dalle de corniche n'est pas de section carrée) ;
  • les petits carrés noirs symbolisent les fers structurels montants du pied ou fût de la croix, avec 1, 2 ou 4 fers ; ces fers sont scellés dans la pierre, soit avec des sections formant un angle de 45° par rapport aux axes du piédestal (les fers ont alors leurs faces parallèles aux diagonales du piédestal (codage d), soit avec des sections dont les faces sont parallèles aux faces de la corniche ou axes principaux de la croix (codage p) ;
  • de longs traits bruns épais représentent les consoles avec 0, 2, 4 ou 6 consoles placées soit sur les diagonales du piédestal (codage d), soit parallèlement aux axes principaux de la croix (codage p) ;
  • enfin entre les fers, est symbolisée, en vert clair, l'épaisseur virtuelle du pied de la croix (avec contour en tiretés).

Explications sur le codage : SnCm : n fers structurels (S) et m consoles (C) ; d pour axes diagonaux et p pour axes principaux


Les types présentés et détaillés plus bas correspondent à la quasi totalité des croix en fer forgé recensées à ce jour. Quelques cas rares ou exceptions ne sont pas pris en compte dans cette typologie du fait de complexités propres ou sont schématisés par rapprochement avec les modèles décrits plus bas.
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Croix FF3D avec quatre fers structurels  en pied

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Quatre fers structurels en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Aucune console de soutien. Dans certains cas, un petit bloc-pied métallique se substitue aux consoles, dissimulant le bas des fers structurels.
  • Doubs : Jura : Gellin, Entre-les-Fourgs [Jougne], Morteau.
  • Jura : La Marre (cim.), St-Maurice.


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Quatre fers structurels en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les diagonales (d) du piédestal.
Quatre consoles de soutien sur les diagonales (d) du piédestal.
Cette disposition implique une torsion des fers structurels montants de 45° au niveau de l'attache de ceux-ci avec les fers des consoles.
  • Doubs : Bannans, Bonnevaux (carref.), Brey (égl.), Brey (cim.), Chaux-Neuve (égl.), Chaux-Neuve (Lételet), Dommartin, Gilley, La Cluse-et-M. (égl.), La Planée, Les Fourgs (égl.), Les Grangettes, Les Longevilles-Mt-Or, Lièvremont (1834), Maisons-du-Bois, Malpas, Métabief, Montbenoît, Pontarlier, Rochejean (égl.), Rochejean (cim.), St-Antoine (égl.), St-Point (cim.), Chantegrue [Vaux-et-C.].
  • Jura : Censeau (cim.), Censeau (Grangettes), Crotenay (cim.), Foncine-le-Haut (Voisiney), Gillois, Nozeroy (Annonciades, avec 3 fers), Vevy.

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Quatre fers structurels en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien sur les diagonales (d) du piédestal.
Ici, les fers structurels montants ne subissent pas la torsion à 45° comme précédemment, mais la liaison entre fers est plus délicate.
  • Doubs : Arçon(fonte-cim), Bulle, Doubs, La Rivière-D., Les Fourgs (Tourillot), Oye-et-Pallet (carref.), St-Point (Arons), Vuillecin (fonte).
  • Jura : Bonlieu, Bonnefontaine (1866), Chaux-des-Crotenay (1826), Entre-deux-Monts, Foncine-le-Bas, Foncine-le-Haut (égl.), Fort-du-Plasne, La Marre (1865), Ladoye (égl.), St-Laurent-en-G., St-Lothain, Syam.


S4C4-p1
S4C4-p1
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Quatre fers structurels en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
  • Doubs : La Chaux-de-Gilley.
  • Jura : Crançot, Foncine-le-Haut (Charnoz)


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S4C-p2 exemple
S4C4-p2
                exemple
Quatre fers structurels en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien orientées selon les axes principaux (p) du piédestal, mais placées latéralement.
  • Jura : Le Frasnois

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Croix FF2D avec deux fers structurels en pied

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S2C0-a1-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les diagonales (d) du piédestal.
Aucune console de soutien.
  • Doubs : Châtelblanc, Labergement-Ste-M. (Coude).


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S2C0-a2-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Aucune console de soutien.
  • Doubs : St-Antoine (Rochas).


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S2C2-modele
S2C2-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Deux consoles latérales de soutien, sur le grand axe principal (p) de la croix.
  • Doubs : Bonnevaux (rue du Jura), Jougne (dir. HN), Les Gras, Malbuisson (ailerons fausses c.).
  • Jura : Ladoye (dir. Granges), Les Nans-Moulin (ailerons fausses c.), Froidefontaine-Bonnet [Mignov.], Essavilly-Roy [Mignov.].


S2C3
Type S2C3 modèle
S2C3 exemple
                Besain
Situation plutôt atypique de croix à trois consoles, deux latérales et une en arrière. Les trois consoles ont leurs faces orientées selon les axes principaux (p) de la croix.
  • Jura : Besain.
  • Doubs : Foncine-le-Haut (Charnoz).



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S2C4-d1-modele
S2C4-d1-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les diagonales (d) du piédestal.
Quatre consoles de soutien, selon les diagonales (d) du piédestal. Les fers structurels montants subissent une torsion à 45° après la liaison avec les consoles.
  • Jura : Charbonny [Mournans-Ch.].


S2C4-d2
S2C4-d2-modele
S2C4-d2-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien, selon les diagonales (d) du piédestal. La liaison entre fers montants et fers des consoles est plus sophistiquée.
  • Jura : Bonnefontaine (cim.), La Marre (égl.), Ladoye (dir. Blois), Les Nans (cim.), Mignovillard (égl.), Nozeroy (collégiale), St-Germain-en-M..


S2C4-p1
S2C4-p1-modele
S2C4-p1-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien, selon les axes principaux (p) du piédestal.
  • Doubs : Boujailles (cim.), Chantrans, Gd-Combe-Ch., Mouthe (cim.), Oye-et-Pallet (dir. Friard), St-Antoine (Bourbouillon).
  • Jura :  : Les Planches-en-Montagne, Communailles [Mignov.], Montrond.


S2C4-p2
Console modele
              S4C2-p2
Exemple
                console S2C4-p2
Quatre fers structurels en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien orientées selon les axes principaux (p) du piédestal mais placées devant les fers structurels montants.
  • Jura : St-Maurice (cimetière)


S2C6-p
S2C6-modele
S2C6-exemple
Deux fers structurels parallèles en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Six consoles de soutien, selon les axes principaux (p) du piédestal.
  • Doubs : Vuillafans, Chapelle-des-Bois (dir. Bellefontaine).


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Croix FF1D avec un fer structurel unique en pied

S1C0
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S1C0-exemple
Fer structurel unique en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Aucune console de soutien.
  • Doubs : Labergement-Ste-M. (St-Théodule)
  • Jura : Chaux-des-Crotenay (1730).


S1C2-p
S1C2-modele
S1C2-exemple
Fer structurel unique en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Deux consoles latérales de soutien sur le grand axe principal (p).
  • Doubs : Chapelle-des-Bois (Combe des Cives), Montpetot [La Cluse-et-M.].


S1C4-d1
S1C4-d1-modele
S1C4-d1-exemple
Fer structurel unique en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les diagonales (d) du piédestal.
Quatre consoles de soutien sur les diagonales (d) du piédestal.
  • Jura : Bief-du-Fourg, Sirod.


S1C4-d2
S1C4-d2 -
                  modele
S1C4-d2-exemple
Fer structurel unique en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal
Quatre consoles de soutien sur les diagonales (d) du piédestal.
  • Doubs : Chapelle-d'Huin, Jougne (St-Maurice)
  • Jura : Fay-en-Montagne, Bonnefontaine (égl.), Cuvier.


S1C4-p
S1C4-p
S1C4-p-exemple
Fer structurel unique en pied, de section carrée, aux faces orientées selon les axes principaux (p) du piédestal.
Quatre consoles de soutien selon les axes principaux (p) du piédestal.
  • Doubs : Arçon (1779), Boujailles (égl.), Gd-Combe-Ch., Lièvremont (1748).


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