Les croix de mission en fer forgé du Haut-Doubs et du Jura
Dialogue entre fer et foi

Un patrimoine régional original et méconnu


Jean MICHEL


Ce site web est consacré à la présentation et à la mise en valeur d'un patrimoine régional original, assez largement méconnu, celui des croix en fer forgé du Haut-Doubs et des plateaux du Jura. Ces croix de mission ou de dévotion en fer forgé ont été érigées pendant 200 ans environ, et surtout à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle pour des croix réalisées en trois dimensions (croix FF3D). Ces croix.  témoignent de la rencontre fertile entre, d'une part, un savoir-faire ou “savoir-fer” technique local et régional (exploitation du minerai de fer local et artisanat du fer forgé) et, d'autre part, un besoin d'affirmation de la foi catholique sur un territoire marqué par la proximité “sensible” avec une autre culture religieuse. Cette page d'accueil comporte une introduction générale qu'on recommande lire avant de plonger dans l'arborescence et les profondeurs du site.

Mise à jour : avril 2021
Vignettes cliquables pour accéder aux clichés en bonne définition.



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Articles de presse et de revues sur l'étude des croix en fer forgé du Doubs et du Jura


Introduction générale

Une thématique de recherche originale

 

Ingénieur des Ponts et Chaussées en retraite, intéressé par l'architecture, l'histoire et l'archéologie, c'est au milieu des années 80 que j'ai commencé à découvrir, un patrimoine très original mais totalement méconnu, celui des croix de mission en fer forgé et à structure tridimensionnelle (FF3D) du Haut-Doubs frontalier, soit une cinquantaine de croix réparties sur une étroite bande de 50 km de long s'étirant du Val de Mouthe à la plaine de l'Arlier et au pays Saugeais. À partir de 2015, un travail de reconnaissance plus détaillée de cet ensemble de monuments m'a conduit à publier, en 2016, un ouvrage, puis à faire plusieurs expositions et conférences et animer des séries de visites de découverte de ce patrimoine atypique de croix en fer forgé.

 

La particularité des croix étudiées : le fer forgé pour stimuler la Foi

 

Le fer forgé commence être utilisé à dès la première moitié du XVIIIe siècle et surtout à partir du milieu du XVIIIe siècle dans les constructions civiles et aussi pour la réalisation intégrale de croix de grande dimension (à partir de grandes barres laminées). Le Haut-Doubs frontalier est l'endroit propice pour un tel développement, à la fois du fait de l'existence de ressources en minerai de fer et d'un artisanat du fer très développé - sous le Mont-d'Or et autour du lac de St-Point - et aussi en raison du fort clivage religieux entre catholicisme et protestantisme en cette zone frontalière. La tradition des “missions” diocésaines initiée par l'archévêque de Besançon à partir de 1676 (avec la création de la communauté des missionnaires de Beaupré) se traduit par l'organisation de plus d'une centaine de missions dans les divers villes et villages du Diocèse. Des croix sont fréquemment érigées à la fin de ces missions, dont certaines déjà en fer forgé. Après la Révolution, la relance des “missions” diocésaines dans les années 1820 et suivantes (avec la refondation en 1816-18 du séminaire de Beaupré, installé alors à École, dans le Doubs) sera l'occasion d'ériger de nombreuses croix de mission FF3D, très innovantes par rapport aux traditionnelles et plus anciennes croix en pierre.

L'originalité de ces croix FF3D du Haut-Doubs tient, certes à l'usage du fer forgé pour réaliser des monuments de grande hauteur, mais surtout au fait que le fer permet de penser et concevoir en 3 dimensions (3D) en apportant une épaisseur (du volume), qui rappelle celle des croix en pierre. Les volumes créés dans les fûts et branches des croix sont alors exploités pour y intégrer un décor religieux en fer étampé et en tôle de fer (découpée ou repoussée), avec essentiellement les instruments de la Passion du Christ et certains symboles de la religion catholique. Ces croix visant à marquer les esprits des villageois en leur rappelant les fondements de la foi chrétienne sont de véritables “bandes dessinées verticales”, sorte de catéchisme visuel durablement inscrit dans le fer des croix.

Aucune de ces croix ne ressemblant à sa voisine, elles témoignent toutes d'une exceptionnelle habilité à travailler le fer forgé et étampé et sont pour certaines de véritables chefs d'œuvre de ferronnerie (comme par exemple, les plus anciennes à Rochejean, aux Longevilles-Mont-d'Or, à Saint-Antoine, aux Grangettes, à Jougne...). Malheureusement elles ne sont ni protégées ni vraiment bien entretenues et elles restent extrêmement fragiles.

La réalisation de croix majestueuses en fer forgé à structure tridimensionnelle s'arrêtera après 1870 (sauf exceptions tardives ou modernes). Elles seront progressivement remplacées à partir du milieu du XIXe s. par des croix en fonte, produites industriellement, achetées sur catalogue et imitant médiocrement les réalisations antérieures en fer forgé (trop chères...). Ces croix en fonte, nombreuses, plus petites, plates (2D) et au décor “sulpicien” sont bien sûr loin de valoir les œuvres artisanales en fer forgé créées pendant un siècle environ à partir de 1750 : le site Web ne les détaille pas même si elles constituent un référentiel comparatif intéressant.

 

L'aire géographique concernée : Haut-Doubs frontalier et aussi plateaux du Jura

 

Le travail d'étude a commencé dans le Haut-Doubs frontalier (une cinquantaine de croix dont certaines réellement majestueuses et au décor exceptionnel). Il se poursuit désormais par des investigations du côté des plateaux du Jura. Une première série de croix originales, atypiques, a été identifiée entre Syam et Fort-du-Plasne (modèle dit ALS - Ain-Lemme-Saine) ; ces  croix très élevées et elles aussi à structure 3D ont été réalisées sous la Restauration et la Monarchie de Juillet (fin des années 1820, début des années 1830) et laissent à penser qu'elles sont en lien avec le développement des forges de Syam. Contrairement aux croix du Haut-Doubs, plus “militantes”, ces croix ne comportent pas de décor religieux. Une seconde série de croix est également visible sur le premier plateau (Crançot, Crotenay, Bonnefontaine) ; de structure complexe, mixte, elles comportent, en pied, de surprenantes consoles et une partie supérieure certes plane (2D) mais d'une sobriété et élégance étonnantes, dans un style plus “graphique” que décoratif. Le travail d'inventaire des croix en fer forgé du Jura est en cours.

 

Poursuivre l'inventaire des croix en fer forgé

 

L'ouvrage publié en 2016 sur les croix du Haut-Doubs est encore disponible. Il est toutefois consultable en ligne sur Internet (https://bit.ly/2JkXHqr). Des expositions ont aussi été organisées (https://bit.ly/30c7MLp) et des conférences-visites estivales ont été proposées. Le travail d'inventaire se poursuit. Des notes descriptives plus détaillées sont systématiquement produites et mises en ligne sur ce site Web.Merci par avance aux personnes qui pourraient me transmettre des alertes pertinentes sur des croix encore non inventoriées.


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